INNERVATION MOTRICE :

Ce nerf au niveau moteur innerve :

  • Les muscles masticateurs qui ferment la bouche (ptérygoïdiens internes et externes, temporaux, masséters)

  • Un muscle du plancher de la bouche (le mylo-hyoïdien)

  • Un muscle qui ouvre la bouche et recule la mandibule (le corps antérieur du digastrique)

  • Un muscle qui tend la membrane du tympan (le tenseur du tympan)

  • Un muscle qui tend la trompe d’Eustache (le tenseur du voile du palais).


I. LES MUSCLES MASTICATEURS :

Le masséter :

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1 : Kamina. (2002). Précis d’anatomie clinique. Tome 2. Maloine.
2 : Netter F.H. (1997). Atlas d’anatomie humaine. Icon learning systems. 2ème édition. Masson.

Le muscle masséter est l’un des muscles les plus puisants du corps. Il possède trois faisceaux présentant la même particularité que les muscles du mollet (triceps sural) ou de l’épaule (deltoïde). Il est composé de fibres musculaires très courtes (plus puissantes) qui s’insèrent sur des lames aponévrotiques (tissu épaissi, comme un ligament). Son action est de fermer la bouche.

Le muscle temporal :


Kamina. (2002). Précis d’anatomie clinique. Tome 2. Maloine.


C’est un muscle facilement palpable, il s’insère sur la voûte du crâne, descend pour s’insère sur une apophyse de la mandibule, l’apophyse coronoïde. Ce muscle présente des fibres antérieures, presque verticales, et postérieures, horizontales. Ces dernières ont la particularité de s’insérer sur la partie postérieure du ménisque.





Les muscles ptérygoïdiens :


Sobotta. Atlas d’anatomie humaine. Tête, cou, membre supérieur. Tome 1. 21ème édition, 4ème édition française. Éditions médicales internationales, techniques et documentation, 2000.


Kamina. (2002). Précis d’anatomie clinique. Tome 2. Maloine.



Ils sont au nombre de deux :
Le muscle ptérygoïdien interne s’insère sur l’intérieur de la mandibule et remonte pour s’insérer sur une structure osseuse formant la paroi latérale de nos fosses nasales. Son action est de fermer la bouche.

Le muscle ptérygoïdien externe est un muscle compliqué. Les embryologistes et anatomistes ne sont pas encore d’accord sur sa description.
il est décrit classiquement en deux faisceaux, un supérieur et un inférieur. Le supérieur se termine sur le ménisque de l’articulation temporo-mandibulaire (de la mâchoire) et l’inférieur, juste en dessous, sur le col de la mandibule. Il semblerait que cette description ne corresponde pas tout à fait à la réalité. Certains auteurs parlent de muscle multipenné, un peu comme le masséter, laissant un espace dans lequel passe l’artère maxillaire ainsi que ses branches.
Son innervation est aussi sujet à controverse, pour certain un seul nerf s’y rend, pour d’autres plusieurs. Cette dernière description est confirmée en étude électromyographique dans laquelle on observe des décharges séquentielles, le muscles ne se contracte pas en un bloc mais sélectivement suivant les différentes phases de mastication. Son action est l’ouverture, la propulsion de la mandibule ainsi que le guidage du ménisque de cette articulation.

C’est une description un peu longue mais plusieurs constats en découlent :

  • C’est un muscle hautement sollicité lors de la mastication.
  • C’est un muscle qui présente une innervation hautement sélective et performante. Une horlogerie, témoin de la complexité de notre évolution.
  • C’est aussi une structure fragile, volontiers maltraitée par une mastication dysfonctionnelle et non physiologique (mâcher toujours du même côté)
  • C’est un muscle qui se contracte facilement. Tout serrement excessif des dents peut provoquer des contractures et des perturbations des échanges physico-chimiques, conduisant à une inflammation et donc à un œdème. (pour l’explication de ce phénomène vous pouvez aller sur la page traitant des troubles musculo-squelettiques, dans l’onglet orthoptie)

II. LES AUTRES MUSCLES :


Le muscle mylo-hyoïdien :



Netter F.H. (1997). Atlas d’anatomie humaine. Icon learning systems. 2ème édition. Masson.


  • Le muscle mylo-hyoïdien est le plancher de la bouche. C’est un large muscle rassemblé au milieu par un lame de tissu très dense, une aponévrose. Son rôle est soit d’abaisser la mandibule sur l’os hyoïde (mastication), soit de remonter l’os hyoïde vers la mandibule (déglutition). La mandibule est une structure osseuse très particulière dans le corps humain. Elle possède, en tant que structure osseuse, une élasticité étonnante. La contraction de ce muscle permet aussi de diminuer l’espace entre ses deux branches horizontales de l’ordre du millimètre. La distance entre les deux condyles mandibulaires n’est pas la même bouche ouverte et bouche fermée. Et c’est important, car les axes entre les condyles de la mandibule et leur pendant sur l’os temporal (lieu de l’articulation de la mâchoire ou temporo mandibulaire) ne sont pas les mêmes.

Le muscle digastrique et l’os hyoïde :

  • Ce muscle à une particularité. il est composé de deux corps musculaires, en série, réunis par une lame tendineuse. Cette lame tendineuse s’entremêle à l’aponévrose cervicale moyenne et passe au dessus de l’os hyoïde. A ce niveau là, il se retrouve coincé dans une sorte de boutonnière provenant d’un autre muscle qui descend de l’os temporal (le muscle stylo-hyoïdien). Le nerf trijumeau innerve seulement la portion antérieure de ce muscle.


Sobotta. Atlas d’anatomie humaine. Tête, cou, membre supérieur. Tome 1. 21ème édition, 4ème édition française. Éditions médicales internationales, techniques et documentation, 2000.


  • Son rôle est assez intéressant, il intervient dans l’ouverture buccale et dans la rétropulsion (recul de la mandibule). C’est donc un agoniste (même action) du ptérygoïdien externe puisqu’il intervient dans l’ouverture buccale, mais antagoniste (action musculaire opposée), dans la rétropulsion. Le ptérygoïdien externe avance la mandibule, le digastrique la recule. Physiologie identique pour un mouvement et opposée pour un autre. On comprend alors aisément que la perturbation de la tonicité musculaire de l’un entraîne celle de l’autre.
  • Or ce muscle est anatomiquement relié à l’os hyoïde et cet os est un sacré carrefour anatomique.


Netter F.H. (1997). Atlas d’anatomie humaine. Icon learning systems. 2ème édition. Masson.


  • Sur cette vue du Netter, nous pouvons voir en rouge l’ensemble des muscles ayant une action directe sur l’os hyoïde. Il est relié au sternum, à l’omoplate, au temporal (os de l’oreille), à la mandibule, mais aussi aux cartilages du larynx qui participe à la production sonore (la respiration produit le souffle, le larynx produit le son, et la bouche module et articule le son). Toute dystonie (perturbation du tonus musculaire) aura des conséquences sur le placement hyoïdien. Une position trop haute, ou basse, latérale (et non médiane) ou une mauvaise mobilité de cette structure osseuse aura des répercussions directes sur :
- la langue (une grosse partie des muscles linguaux s’insère sur l’os hyoïde),
- le rachis cervical,
- le rachis dorsal par l’intermédiaire du sternum et des omoplates,
- l’articulation temporo-mandibulaire par l’intermédiaire de la mandibule.
- les cartilages laryngiens avec des troubles de l’élocution, de la phonation et de la déglution…
  • mais aussi par l’intermédiaire de multiples insertions d’aponévroses qui descendent dans le thorax, sur les plèvres, le péricarde (enveloppe du cœur), l’œsophage et l’estomac.
  • enfin par l’intermédiaire des aponévroses cervicales (du cou), sur :
- l’ensemble vasculaire :
- veine jugulaire et artère carotide qui viennent et qui vont au cerveau,
- sur les fibres nerveuses situées dans les différentes loges cervicales :
- Nerfs moteurs de la langue, du palais et du pharynx (IX, et XII paire crânienne)

et on peut citer bien sûr les nerfs du système végétatif comme le nerf vague - poumons, cœur, larynx, estomac et partie droite du système digestif-, le nerf phrénique

Suite…