HOLISME

  • La définition de l’holisme est la suivante : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». C'est à dire, la tendance de l'univers à construire des unités structurales de complexité croissante mais formant chacune une totalité. C’est la définition trouvée sur Wikipédia et je trouve qu’elle s’applique bien à l’ostéopathie. On pourrait donner un autre exemple : une brindille est facile à casser, mais un fagot de brindille ne l’est pas. Individuellement, une cellule ou un organe est inopérant, mais associé à l’ensemble du corps, ils forment alors une unité ayant une fonction.

  • L’unité, voici le meilleur synonyme pour l’holisme. Le corps est une unité indissociable. Lorsqu’un patient consulte pour une douleur d’épaule, l’épaule n’est que le symptôme, la brindille qu’il convient de replacer dans son fagot.

  • Cela me fait penser à notre système d’enseignement. On apprend une région, une articulation, un organe. Certes, il est important de comprendre les mécanismes locaux anatomiques ou physiologiques, mais on perd trop souvent de vue que sans le reste cette région, ce tissu ou cet organe n’est rien.


Exemple :
  • Dans le corps, tout est relié et indissociable. L’épaule est reliée :

  • Au niveau musculaire :

  • au bassin par le grand dorsal, à la tête, par les trapèzes, au rachis par les muscles fixateurs de l’omoplate, au grill costal par les pectoraux.

  • Au niveau aponévrotique :

  • au rachis cervical par les trois aponévroses cervicales, au bassin par l’aponévrose du grand dorsal, au thorax par l’aponévrose clavi-pectoro-axillaire, puis au membre supérieur par les aponévroses brachio-antébrachio-palmaires.

  • Au niveau neurologique :

  • au rachis cervical par les plexus cervical et brachial, au rachis dorsal par les nerfs intercostaux et leur action sur les muscles thoraciques. Au système nerveux autonome par le ganglion cervical inférieur ou stellaire, aux nerfs crâniens, par l’anse du XII, le XI par le trapèze et le sterno-cleïdo-mastoïdien, le IX par les muscles sous-hyoïdien. Aux plèvres et les organes sous-diaphragmatiques par le nerf phrénique.

  • Au niveau organique :

  • les poumons par le système d’attache du dôme pulmonaire et leurs relations avec le contingent neurologique local, les plèvres par la mécanique costale, au foie et à l’estomac pour leur action sur le diaphragme et la mécanique costale, et plus spécifiquement à gauche, le péricarde par ses insertions vertébrales, sternales et diaphragmatiques.


GLOBALITE :
  • A travers cet exemple, on se rend bien compte qu’on ne peut considérer seulement une atteinte locale, mais que le corps dans ce concept d’holisme doit être pris dans sa globalité. Si une plèvre est fixée comme après une pleurésie, l’épaule sera mécaniquement perturbée. L’effet est l’épaule, la cause est la fixation pleurale. La plainte du patient sera sa douleur d’épaule, le terrain sera sa pleurésie. Il faudra pour un traitement efficace, libérer l'épaule de ses contraintes ligamentaires, mais aussi restaurer des plans de glissement les plus harmonieux possible au niveau des plèvres.


Le mauvais côté de l’holisme :
  • Sous couvert de l’holisme, beaucoup d’ostéopathes ont intellectuellement réussi à relier toutes les parties anatomiques du corps : une douleur derrière l’oreille droite peut trouver son explication dans l’orteil du pied gauche. Il faut se méfier des raccourcis rapides et des croyances établies. Certains ostéopathes ont parfois tendance à ressentir ce qu’ils pensent intellectuellement et non à comprendre ce qu’ils ressentent.

  • Je comprends ainsi tout à fait l’interrogation du public quant à l’ostéopathie quand son patient raconte que pour traiter une entorse de cheville, l’ostéopathe à passé la séance à travailler son crâne en disant que son entorse vient de son 4è ventricule (cavité liquidienne crânienne) ! Je ne l’invente malheureusement pas.

  • L’ostéopathe grâce à sa connaissance de l’anatomie et de la neuro-physiologie, a certaines compétences qui lui permettent, avec étonnement parfois, de résoudre un effet parce que la cause se trouve à distance, mais il faut rester pragmatique et garder les pieds sur terre.


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