On peut avoir mal pour bien des raisons différentes.
On comprend parfaitement la douleur dans une entorse de cheville, une piquette de guêpe, un coup de soleil, … on la comprend beaucoup moins lorsqu’il n’existe pas de facteur déclenchant. On peut avoir un lumbago sans raison apparente, une inflammation de la vessie alors q’u’il n’existe pas de germe bactérien, une douleur articulaire au coude ou au genou sans choc,…
On sait maintenant que l’expérience douloureuse n’a rien à voir avec un stimulus, un choc, une région, un territoire anatomique !

On peut diviser les douleurs dans deux familles différentes, mais bien évidement certains signes se recoupent.

1. LA DOULEUR PERIPHERIQUE :

On parle de système nerveux périphérique pour désigner l’ensemble des nerfs et des tissus innervés par les racines nerveuses après la moelle épinière.

  • La douleur nociceptive :
  • C’est la douleur la plus courante, celle que nous connaissons et comprenons tous. Un choc, une piqure. Cela stimule les terminaisons libres qui innervent nos tissus. La douleur est souvent proportionnelle au stimulus. Elle peut être somatique (sur l’appareil locomoteur) - entorse de cheville, viscérale (inflammation d’un viscère) - cholecystite ou inflammation de la paroi de la vésicule biliaire du fait de l’obstruction de son canal, ou bien projetée (voir douleur projetée) - douleur à l’épaule droite lors d’une cholecystite.

  • Douleur Neuropathique :
  • La aussi c’est une douleur que beaucoup connaisse. C’est une douleur dans le territoire d’une racine nerveuse du fait une atteinte (par exemple une compression discale) sur son trajet. On connaît la sciatique ou la cruralgie. La douleur n’est plus locale, mais a distance de la lésion. C’est la douleur nerveuse. Cette douleur, notamment en fonction de la durée de l’atteinte ou de la façon dont cette atteinte est vécue peut devenir centrale.



2. LA DOULEUR CENTRALE :

  • On parle de système nerveux central pour désigner l’ensemble des nerfs, mais surtout de leur noyaux (comme toutes les cellules de notre corps, les nerfs ont des noyaux) lesquels se regroupent et forment ce que l’on appelle la substance grise. On retrouve ces noyaux gris, dans la moelle épinière et dans l’encéphale, le tronc cérébral et le cervelet. Ce que l’on appelle la substance blanche ce sont les fibres nerveuse proprement dites.
  • Les routes et autoroutes seraient la substance blanche, les villes seraient les groupements de noyaux formant la substance grise.

  • Il s’agît d’une douleur élaborée par le cerveau que l’on retrouve quasi systématiquement dans les douleurs chroniques. La douleur est alors :
- disproportionnée par rapport au traumatisme ou maladie initial
- pas forcément de cause retrouvée,
- imprévisible,
- l’intensité, la sensibilité, l’étendue de la zone douloureuse sont modifiées
- La douleur influence les gestes et activités de la vie quotidienne et les comportements…

Ce mécanisme sera vu plus en détail dans la
sensibilisation centrale.