L’inflammation locale se traduit par la libération dans le milieu environnant de nombreuses molécules.

Imaginons-nous à l’époque où nous étions de paisibles mammifères ruminants les près. En passant près d’un bosquet à épines, une éraflure, une plaie. Que l’on soit un mammifère prédaté (il faut courir vite pour ne pas se faire manger) ou prédateur (il faut courir vite pour manger) il est essentiel de cicatriser au plus vite !
A l’échelon local, le tissus sont parsemés de toutes petites fibres nerveuses, que nous appelons les terminaisons libres.

Une histoire en 4 étapes :

  • 1 : stimulation douloureuse
  • 2 : libération dans le milieu environnant de substances chimiques ayant pour rôle de dire. Il y a une lésion, il faut que je me défende (immunité) et il faut que je cicatrise (dilatation sanguine pour apporter les constituants de la réparation (colle)
  • 3 : L’artère se dilate laisse passer son plasma
  • 4 : les cellules blanches sanguines, immunitaires comme les mastocytes dégranulent, c’est à dire que larguent dans le milieu environnant de l’histamine.

C’est l’histamine qui va amplifier les processus vasculaires et sensibiliser la fibre nerveuse qui à son tour libère à nouveau des substances chimiques. Le cercle vicieux est lancé.


Pasted Graphic 1


L’INFLAMMATION NEUROGENE :

C’est la suite logique du précédent schéma. La libération d’histamine des mastocytes ainsi que d’autres molécules pro-inflammatoires vont irriter le nerf. La fibre nerveuse même sensitive peut conduire l’information dans un sens, ou dans un autre.

Pasted Graphic 2


  • 1 : mécanisme initial, vu dans le précédent schéma
  • 2 : le nerf conduit l’information dans les deux sens. C’est le réflexe d’axone (cf réflexe d’axone) que nous verrons après. D’autres terminaisons du même nerf relâchent des substances chimiques
  • 3 : le mécanisme de tâche d’huile se met en route. Les terminaisons libres à proximité s’enflamment à leur tour. Si le territoire de la lésion est innervé par une seule racine, le patient souffrira dans le territoire de cette racine et des douleurs projetés associées (cf douleur projetée)
  • 4 : mais si le territoire lésionnel est innervé par plusieurs racines comme au niveau céphalique avec les nerfs cervicaux et trijumeaux ou au niveau pelvien avec le nerf pudendal et les nerfs issus des branches lombaires hautes, l’ensemble de toutes les zones peuvent être affectées alors qu’il n’existe aucune lésion tissulaire.

A force et avec le temps l’inflammation neurogène crée la lésion par son inflammation locale même si au début le tissus était sain. On retrouve ce mécanisme dans la douleur périnéale complexe, la cystite interstitielle ou encore la pudendalgie… On verra dans la
sensibilisation centrale comment le cerveau peut moduler ce phénomène.



Sorel M. Douleur, inflammation et auto-immunité. Arnette, 2008.